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Embarquez avec des scientifiques, des ingénieurs et des marins pour une navigation-exploration des relations avec l'océan, le climat et les énergies marines dans la perspective du changement climatique 

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Je vais essayer de me rappeler de ma prise de conscience personnelle et progressive du changement climatique :

  • De 1968 à 1972, lors de ma première affectation africaine au Congo, j’ai consacré mon temps à jauger les fleuves du bassin du Congo, y compris le Congo lui-même, en des stations qui avaient pour la plupart été fort négligées depuis les indépendances. On ne parlait pas alors de changement climatique mais de la sécheresse et des faibles étiages qui régnaient alors sur l’ensemble des bassins (Congo, Niari, Ogoué et leurs tributaires).

    Chute de N'Ki  Congo 1971

  • De 1972 à 1977, affecté en Haute Volta, j’ai couvert la grande sécheresse 1972-73 que l’on n’attribuait pas encore au "Changement Climatique". Ensuite j’ai lancé le projet Mare d’Oursi, avec des «petits jeunes» comme Pierre Chevallier, sur des financements DGRS (Délégation Générale de la Recherche) «sécheresse», et effectué les observations à l’évapotron du lac de Bam qui allaient être le support de ma thèse d’état sur les nappes d’eau libre. On ne parlait toujours pas de "Changement Climatique" dans le milieu hydrologique ORSTOM, mais seulement de sécheresse extraordinaire… J’étais alors aussi fort occupé par la composante hydrologique du projet OMS de lutte contre l’onchocercose où nous lancions les premiers réseaux de télétransmission satellitaire avec aussi le programme HydroNiger.

  • Affecté autoritairement en Côte d’Ivoire comme directeur du centre d’Adiopodoumé, puis de l’ORSTOM en Côte d’Ivoire, de 1977 à 1984, j’ai fait peu d’hydrologie (sauf ma thèse d’état sur une autorisation spéciale de Guy Camus) et n’ai suivi que de loin les programmes hydrologiques (projet Taï, HyperBav, etc…). On ne parlait toujours pas de "Changement Climatique", pourtant le Niger s’était asséché à Niamey en octobre 1984.

  • De retour en France en octobre 1984 pour prendre la responsabilité du laboratoire d’hydrologie descendu de Bondy sur le nouveau centre de Montpellier, je n’ai vraiment pris connaissance du "Changement Climatique" que lorsque j’ai jeté les bases en 1986 du Département des Eaux Continentales (DEC), notamment avec la contribution de Guislain de Marssily coordinateur du comité scientifique de création du DEC avec Pierre Dubreuil. Nommé directeur délégué de l’ORSTOM et chef du DEC, avec René Lévèque comme adjoint, j’ai entrepris la tournée des implantations du DEC dans le monde.

  • Suite aux événements de la place Tiananmen en Chine ou nous devions affecter Pierre Ribstein, et l’interdiction qui nous fut faite de travailler en Chine, j’ai dû lui trouver une affectation de secours qui fut la Bolivie où nous proposions de travailler sur les BV (Bassin Versant) d’altitude, en pendant de ce qui se faisait déjà sur les bassins amazoniens avec le programme de recherche PIRAT. Ce fut lors d’une conversation avec Pierre Ribstein et Bernard Francou en 1988 (autour de Pisco Sour…) que ces deux là me convainquirent de l’urgence à lancer ce qui allait devenir le projet NGT (Neiges et Glaciers Tropicaux) conçu dès ce départ comme le suivi des glaciers tropicaux, témoins majeurs du "Changement Climatique". En qualité de chef de département je n’ai eu alors aucun mal à financer ce programme, puis Great-ICE qui lui succéda et auquel je m’affectais en 1994. Au début des années 1990, les glaciers des Alpes avançaient encore et le LGGE (Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement) ne croyait guère encore au retrait glaciaire ! C’est aussi alors que je publiais le premier modèle d’évolution à venir des ressources en eau des glaciers tropicaux avec la courbe en cloche à laquelle peu d’hydro-glacioloques crurent alors…

  • Ce fut aussi le départ de nos forages d’altitude (Sajama 1997, Tapado 1998, Illimani 1999, Chimborazo 2000, Coropuna 2003, San Valentin 2005, 2006 et 2007).

    Forage San Valentin Chili 2007 1

  • Je fus en 2008 l’un des tous premiers signataires du manifeste de Valérie Masson-Delmotte (je venais de prendre ma retraite et de rentrer au Club des Argonautes…).
    Voici en quelques phrases et dates la perception retardée du "Changement Climatique" par un hydrologue lambda …