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observations satellite

  • Après 17 ans de mesures en continu, la mission scientifique spatiale CALIPSO (NASA, CNES) a pris fin le 1er août 2023 (Calipso tire sa révérence, CNES - Official end of Calipso science mission, NASA).

  • La municipalité de Toulouse va donner le nom de Michel Lefebvre à un rond point situé près du CNES.

  • Exposé de Frédérique Rémy - session 216 du 4 septembre 2025

    Note importante :Suite à un incident technique, la vidéo démarre quelques minutes après le début de l'exposé. Pour revenir au début, il faut se référer aux trois premières diapos du support de présentation et au premier paragraphe du résumé ci-dessous. De plus la vidéo affiche des anomalies qui sont dues à des erreurs de formatage irrécupérables. Les diapos du support de présentation ne sont pas altérées.
     

     

    Support de présentation (pdf)

     

    L’exposé débute par quelques chiffres : La calotte polaire a une surface de 15 millions de km², un volume de 30 millions de km3, soit 75% de l’eau douce terrestre, 90% des glaces, environ 60 m d’élévation du niveau des océans. Chaque année, il tombe 2200 km3 de neige, l’équivalent de 6 mm du niveau des océans. Les températures moyennes vont de -15°C à -60°C, les vents catabatiques, des vents de gravité qui dévalent les pentes, sont forts, parfois quelques centaines de km/h. Les conditions logistiques sont particulièrement difficiles et les mesures in situ éparses, sur les raids ou autour des stations. D’où l’intérêt des techniques spatiales. Cependant certains paramètres restent toujours inaccessibles, du moins avec une bonne précision (diapo 2-3).

    L’exposé fait alors un rappel des premiers résultats obtenus avec le satellite Seasat, lancé en 1978 avec une inclinaison de 72° survolant le Nord de l’Antarctique. Son altimètre a permis la construction des premières cartes de topographie avec une précision inégalée à l‘époque. Il a aussi mis en évidence certaines erreurs inhérentes à l’altimétrie sur les calottes, en particulier l’erreur de pente, le point d’impact de l’altimètre n’étant pas au nadir, mais décalé vers la plus grande pente de la surface. Il a aussi mis en évidence l’erreur due à la pénétration de l’onde radar dans la neige. En effet, le long de traces répétitives, la hauteur mesurée était plus haute lorsque la rétrodiffusion était plus forte, ce qui ne pouvait pas être expliqué par un écho de surface unique. Son diffusiomètre a mesuré la direction moyenne des vents catabatiques, comme il mesurait celle des vents sur l’océan. La méthodologie a été reprise plus tard avec le satellite ERS-1 mais a donné de moins bons résultats car l’instrument fonctionnait à plus basse fréquence (bande C ou 5.2 GHz au lieu de la bande Ku ou 13.6 GHz) et donc pénétrait plus en profondeur dans la neige. Enfin, son radiomètre a montré que la différence de polarisation (V-H) était très corrélée avec la rétrodiffusion de l’altimètre offrant ainsi l’opportunité d’extraire des paramètres du manteau neigeux, comme la taille des grains de neige, estimation approximative des taux d’accumulation de neige (diapo 4.5).

    A partir de 1991, les satellites polaires embarquant un altimètre sont mis en orbite par l’agence spatiale européenne. ERS-1 en 1991, ERS-2 en 1995 et Envisat en 2002. Les topographies ainsi obtenues ont une résolution jamais obtenue sur près de 80% de la calotte. Elles permettent de mettre en évidence des phénomènes dynamiques, de contraindre les modèles d’écoulement de la glace, de mesurer les variations temporelles (diapo. 6). Ainsi, on aperçoit la présence d’ondulations sur l’ensemble de la calotte. Leur longueur d’onde est d’une vingtaine de km au centre et une dizaine de km à la côte ; leur amplitude croit de quelques m au centre et une dizaine de m au bord (diapo. 7). En supposant la calotte en état stationnaire, c’est-à-dire que les chutes de neige sont entièrement compensées par l’écoulement de la glace, on peut à partir d’un modèle simple estimer les vitesses d’écoulement. On comprend alors que 90% de la glace est évacuée par 15% de la côte, qu’un tiers de la masse s’écoule 4 fois plus vite. On visualise aussi certains glaciers émissaires dont la signature remonte à plusieurs centaines de km en amont (diapo. 8).

    Grace à la connaissance de la topographie, de la pente de la surface et des vitesses d’écoulement on peut calculer le temps de relaxation, c’est-à-dire le temps que met la calotte à revenir à l’équilibre après une perturbation. Il varie de 1000 ans à la côte à 100 000 ans au centre du continent. Or, la calotte peut être vue comme un réservoir dont les sorties sont régulières (écoulement de la glace régulier) et les entrées irrégulières (les chutes de neige plus ou moins importantes). Un modèle stochastique peut alors montrer que l’on a plus d’une chance sur 10 de mesurer une variation de volume équivalent à une élévation du niveau de la mer près de 1 mm/an uniquement à cause de la variabilité temporelle des chutes de neige (diapo. 9).

    On découvre aussi de nombreuses surfaces très plates qui traduisent la présence de nombreux lacs sous-glaciaires. En effet, la glace s’écoule par déformation sur une surface rugueuse et en pente, et par glissement sur une surface lisse et plate comme celle d’un lac. Entre les deux changements de régime, déformation/glissement, on aperçoit un creux dans la topographie avant le lac et une bosse après, causés par les contraintes longitudinales que l’on peut ainsi appréhender (diapo. 10).

    L’altimètre ne voit que la surface ou la très proche surface, l’onde radar pénétrant à quelques dizaines de cm. Plus la fréquence est basse plus l’onde pénètre, si bien qu’en bande P (entre 60 et 300 MHz) l’onde pénètre jusqu’au socle rocheux. Voir en profondeur apporte énormément d’information. Déjà pour le choix de l’emplacement d’un carottage. La datation des échantillons est faite à partir de modèle d’écoulement de la glace, il est donc important de choisir un lieu dont la surface est la plus plate possible et le socle rocheux le moins accidenté possible. C’est ainsi que l’emplacement du carottage de dôme C a été choisi (diapo. 11).

    Lors d’éruption volcanique, des poussières se déposent sur la surface de la calotte. Elles modifient les constantes diélectriques de la glace si bien que ces couches polluées sont mises en évidence par le radar bande P. En plus de la topographie du socle rocheux, elles constituent de magnifiques isochrones qui apportent énormément d’informations sur l’écoulement de la glace. Un profil effectué avec un radar bande P aéroporté entre dôme C et le lac de Vostok effectué par Ezio Tabacco de l’Université de Milan a permis de mesurer une épaisseur record de glace de 4800 m ; de constater qu’au-delà d’une certaine profondeur, ces isochrones disparaissaient à cause de la recristallisation de la glace qui a lieu lorsque la température est supérieure à -10°C. Les isochrones au-dessus du lac de Vostok qui devraient être plats comme la surface sont en pente suggérant des phénomènes de fonte/regel lors du passage de la glace sur le lac (diapo 12-13).

    En 2002, Pierre Bauer et moi-même avons proposé à l’ESA le projet Mimosa (Mapping of Ice and Monitoring Subsurface of Antarctica) d’un satellite embarquant un radar bande P dédié à l’observation des zones polaires. Ce projet n’a pas été retenu à l’époque. La mission Biomass, observation de la biosphère en bande P, vient de partir fin avril 2025.

    Un autre avantage de la bande P est que l’écho au niveau du socle rocheux indique clairement la présence d’eau. De nombreuses mesures in situ avec un radar tracté ou aéroporté ont eu lieu autour de dôme C laissant apparaître plusieurs zones humides sous la calotte. La comparaison de ces données avec la topographie de surface, sa pente, sa courbure et la topographie du socle rocheux révèle des structures allongées de plusieurs centaines de km suivant les lignes de plus grandes pentes du socle et reliant les zones très plates entre elles. Nous venions de découvrir d’immenses réseaux hydrologiques sous-glaciaires, reliant les lacs les uns aux autres. Ceci a de nombreuses conséquences sur la dynamique des glaces ainsi que sur l’estimation du bilan de masse de l’Antarctique (diapos de 15 à 18)

    Enfin, l’intérêt ultime de l’altimétrie sur les calottes est la mesure de ses variations de volume. Au contraire des autres groupes qui construisent la carte de variations de hauteur en calculant la différence aux points de croisement, nous préférons l’estimer le long de toutes les traces répétitives, ce qui fournit une résolution spatiale très nettement supérieure. Pour l’Antarctique de l’Est, les variations à l’intérieur du continent sont de l’ordre de ± 5 cm/an. Sur la côte, elles avoisinent par endroit quelques dizaines de cm/an. En revanche en Antarctique de l’Ouest, les pertes sont très marquées, dépassant largement le m/an (diapo 19).

    Avant de regarder plus en détail l’évolution de ces glaciers, penchons-nous sur des données qui paraissent anormales en Antarctique de l’Est. En regardant année par année l’évolution de la topographie de la Terre de Wilkes, nous voyons apparaître des points dépassant largement plusieurs σ et que l’on aurait dû éliminer. Mais au cours du temps, ces points s’alignent et on comprend qu’il s’agit d’un phénomène qui descend la pente de l’amont vers la côte (diapos 20 à 25). En regardant la hauteur de ces points, on voit en amont une baisse abrupte de 70 m puis une remontée lente, la même chose se produit en aval à une centaine de km et ainsi de suite. On comprend que l’on a vu une vidange de 5 km3 du lac Cook qui se propage vers la côte (diapos de 26 à 28). Ceci pose plusieurs questions. D’abord est-il raisonnable de retirer les valeurs à 3 ou 5 σ ? Les garder risquent de bruiter les résultats, les retirer de rater des phénomènes type vidange subite d’un lac. Aussi, quid de l’estimation du bilan de masse ? Nous n’avons pas accès au volume d’eau qui s’échappe de l’Antarctique par la base.

    Revenons sur les pertes de Antarctique de l’Est qui sont très marquées, dépassant largement le m/an. L’accélération pour les glaciers de Thwaites et de Pine Island dépasse plusieurs dizaines de cm/an² (diapos 29-30). L’évolution de ces glaciers, année par année, montre non seulement une forte accélération mais aussi un net élargissement de la zone de perte de masse (diapos de 32 à 39), fortement corrélé avec la vitesse d’écoulement de la glace (diapo 31).

    Altika est une mission altimétrique franco-indienne sur les traces des satellites polaires ERS1-2 et Envisat dont l’altimètre fonctionne en bande ka (37 GHz) au lieu de ku (13.6 GHz), c’est-à-dire à plus haute fréquence ce qui diminue la profondeur de pénétration de l’onde dans la neige ainsi que la résolution spatiale. Le Legos et en particulier l’équipe de glaciologie se sont largement investis sur ce satellite lancé en 2013. Le thème des glaces de mer a commencé à ce moment-là. Altika a permis de montrer que la zone d’élargissement des glaciers Thwaites et Pine Island continuait de croître et de s’élargir. Hélas, le satellite a eu assez vite des faiblesses sur le maintien d’orbite (ce qui est capital sur une zone en pente). Par ailleurs, l’ouverture d’antenne étant beaucoup plus petite en bande ka que ku, les échos étaient très déformés et souvent difficiles à traiter (diapos 40 et 41).

    Les erreurs inhérentes à l’altimétrie sur les calottes polaires sont assez nombreuses et le traitement doit être précis. L’erreur de pente et celle de pénétration sont bien connues et corrigées plus ou moins bien. Mais d’autres erreurs sont « perverses ». Par exemple, en regardant la différence de rétrodiffusion aux points de croisement, on voit apparaître des zones bien délimitées. Ce phénomène inattendu a été long à comprendre. Il vient de la polarisation de l’antenne ! Au sol, des dunes de neige sont allongées dans le sens du vent, et le signal plan envoyé par l’altimètre pénètre plus ou moins dans la neige en fonction de l’angle entre les dunes et la polarisation. Aussi, la date du maximum du signal saisonnier de la rétrodiffusion a une distribution fortement bimodale. Ceci provient du type d’écho. Là où l’écho de surface est dominant, le signal est maximum à la fin de l’été austral et inversement là où l’écho de volume est dominant, le maximum est à la fin de l’hiver. (diapo 42). N’oublions pas que toutes ces variations de rétrodiffusion entraînent des variations de la hauteur mesurée. Nous avons alors fait un test : calculer la variation de topographie globale en fonction de différents critères : rejet de point à 3 ou 5 σ, rayon de décorrélation de 15, 25 ou 35 km… Le résultat varie de – 10 à -100 km3/an !

    L’altimètre a une très bonne résolution spatiale mais ne fournit que les variations de volume, on ne peut pas séparer l’effet d’un changement causé par des variations de taux d’accumulation de celui causé par celles des vitesses d’écoulement. La gravimétrie spatiale, au contraire, fournit directement les pertes de masse mais a une résolution spatiale nettement moins bonne (diapo 44). L’utilisation des deux techniques permet de mieux contraindre et expliquer les différents signaux observés.

    Par exemple, les signes des variations de hauteur observées pendant ERS-2 (de 1995 à 2003) et celles observées pendant EnviSat (2002-2010) sur les régions côtières en Antarctique de l’Est sont opposés. Nous avons pu montrer avec notre collègue Anthony Memin de l’université de Nice que ceci était dû à l’onde circumpolaire Antarctique qui tourne autour du continent avec une période de 8 ans et module les chutes de neige (diapos 45-46).

    Pour finir, la série temporelle des satellites Grace (2002-2017) puis Grace-fo (depuis 2018) permet de mesurer le bilan de masse de l’Antarctique. La calotte a perdu 2500 Gt, soit 7 mm du niveau de la mer en 23 ans. Le Groenland, de volume 10 fois moindre, a perdu 6000 GT.

     
  • Exposé de Guy Duchossois - session 212 du 6 mars 2025

     

    Support de présentation (pdf)
    Ont été ajoutées  à la fin de la présentation une douzaine de planches fournies par mes ex-collègues de l’ESRIN/Frascati qui illustrent des résultats très intéressants de projets récents financés par l’ESA dans le domaine de l’océanographie (« Ocean Highlights projects »). Chaque planche mentionne les auteurs et le site sur lequel on peut trouver la publication.

     

    L’exposé débute avec un bref rappel de l’auteur de sa formation (ingénieur ENSEEIHT) et de son parcours professionnel (CNES/Brétigny – Division Mathématiques- en1966-1967) et ensuite à l’Agence Spatiale Européenne à ESTEC/Pays-Bas de 1967 à 1979 comme ingénieur système en support des missions de la Direction « Sciences spatiales » et ensuite de 1979 à 2002 au siège de l’ESA à Paris comme « Responsable Mission/Mission Manager » dans la Direction Observation de la Terre pour les missions ESA d’observation de la Terre et de météorologie. Depuis sa retraite en 2002 il est consultant pour diverses organisations avec des programmes d’observation de la Terre (OMM/PMRC , ESA/GEO, UE/Copernicus).

    L’exposé décrit les étapes chronologiques et leurs programmes spatiaux de l’ESA au cours des décennies passées de 1975 à nos jours.

    Les prémices

    La décennie 1970-1980 est marquée par l’apport visionnaire de André Lebeau (géophysicien et normalien, Directeur des Programmes Futurs et des Plans de l’ESA de 1975 à 1980) qui met en place différents programmes préparatoires tels que Earthnet pour l’acquisition en Europe des données des premiers satellites de Télédétection Landsat de la NASA mais aussi de Seasat et Nimbus 7 qui serviront de base aux futurs missions ESA ERS-1, ERS-2 et Envisat. Ces données acquises en Europe via les stations de Kiruna, Fucino, Maspalomas, Lannion et Oakhanger sont largement distribuées aux scientifiques européens pour leurs besoins de recherches. Des diagrammes de couvertures géographiques et d’organisation du centre ESA de gestion Earthnet basé à ESRIN/Frascati sont fournis.

    Il met aussi en place, en coopération avec l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe un réseau de laboratoires scientifiques (EARSeL- European Association of Remote Sensing Laboratories) et un réseau pour des application thématiques (EARSC- European Association of Remote Sensing Companies) dans le but de développer l’utilisation en Europe des données des premières missions de télédétection.

    Les premières missions ERS-1 et ERS-2

    La décennie 1980-1990 voit le développement des premiers satellites ERS-1 et ERS-2 qui seront lancés dans la décennie suivante, respectivement en 1991 (fin de vie en 2000) et 1995 (fin de vie en 2011) et permettant ainsi de collecter quelques 20 années de données validées et de haute qualité sur la surface des océans (champ de vent, champ de vagues, température, géoïde marin...) ainsi que sur les zones côtières et glacières, permettant ainsi des avancées scientifiques majeures présentées à des symposia organisés annuellement par l’ESA.

    Après de nombreuses consultations avec des groupes d’experts européens éminents sur les objectifs prioritaires à satisfaire (priorité donnée à observation des océans et zones polaires) et le choix des instruments à embarquer (priorité donnée à l’instrumentation micro-ondes avec une capacité d’observation tous temps et de nuit comme de jour) et tenant en compte les capacités du lanceur Ariane 4, la charge utile de ERS-1 est finalisée au début des années 80 et les premiers contrats industriels lancés. Cette charge utile, inspirée de Seasat, comprend un radar à synthèse d’ouverture (RSO) opérant en bande C, avec plusieurs modes opératoires (mode imageur haute résolution sur les terres continentales, zones côtières et glacières, mode diffusiomètre vent sur les océans, mode spectre des vagues sur les océans), un altimètre radar opérant en bande Ku, un radiomètre passif sondeur micro-onde bi-fréquence, un radiomètre IR à balayage conique, un équipement de localisation précise et un système de rétro-réflecteurs laser.

    Il faut souligner la contribution majeure du Haut Comité Consultatif pour l’observation de la Terre de l’ESA, composé d’éminentes personnalités scientifiques européennes (y inclus un futur prix Nobel de Physique en 2019, le Professeur Klaus Hasselmann du Max-Planck Hambourg) pendant cette période.

    Le développement de ces instruments dans l’industrie européenne (par un consortium de quelques 80 compagnies avec Dornier maitre d’œuvre) a représenté un véritable défi technique et une première pour certains d’entre eux, en particulier le RSO en bande C (Le RSO de Seasat opérait en bande L) qui a nécessité de nombreuses études, développements technologiques et campagnes aéroportées.

    Le satellite ERS-2 est quasiment identique à ERS-1 mais embarque un instrument supplémentaire GOME (Global Ozone Monitoring Experiment) proposé par John Burrows et Paul Crutzen (Prix Nobel de Physique en 1995), instrument développé en un temps record qui fournira des données excellentes sur l’ozone stratosphérique entre autres.

    Des exemples de résultats dans différentes disciplines sont présentés dans l’exposé.

    Plateformes Polaires - POEM-1 et la mission Envisat

    A partir des années 1985 se développe le concept de très grandes plateformes polaires POEM (>15 tonnes !) développées en coopération par les partenaires de la « Columbus Space Station » (USA, Japon, Canada, Europe). Des Appels coordonnés pour des propositions d’instrumentations à embarquer sont émis et conduisent à une pré-sélection de plus de 20 instruments associant des instruments à vocation de recherche scientifique et des instruments à vocation opérationnelle (essentiellement météorologique).

    Le Conseil Ministériel de l’ESA réuni à Grenade en 1992 (Présidence de Hubert Curien, Ministre français de la Recherche) décide de scinder en deux le concept de très grande plateforme polaire POEM, avec d’une part la mission Envisat à vocation de recherche et d’autre part la mission MetOp à vocation de météorologie opérationnelle.

    Le satellite Envisat approuvé en 1992, lancé en 2002 (fin de vie en 2012) permet d’assurer la continuité des données ERS jusqu’en 2012. Il embarque 10 instruments dont 3 instruments hérités de ERS (AATSR, MWR, LRR) et fournit des observations additionnelles importantes pour la chimie de l’atmosphère grâce à l’ajout de 3 instruments (MIPAS, GOMOS, SCIAMACHY) ainsi que pour la biologie marine avec le spectromètre MERIS. Il embarque aussi une complétement nouvelle génération de RSO, ASAR (avec une antenne active comportant 320 modules émetteurs /récepteurs) et un nouvel altimètre radar bi-fréquence en bande Ku et S.

    L’exposé fournit de nombreux exemples de premiers résultats obtenus avec Envisat.

    Stratégie ESA post ERS/Envisat : Missions Earth Explorer et Missions Earth Watch

    De nombreuses consultations dans la période 1995- 2000 conduisent à la définition de la stratégie post ERS et Envisat pour l’ESA comme détaillée dans le document ESA-SP 1234 Living Planet Programme. La stratégie propose de considérer 2 types de missions de tailles raisonnables (1-2 tonnes) incluant les »Earth Explorer », missions à vocation de recherche et de démonstration technologique et les « Earth Watch », missions à vocation de services opérationnels. Ce concept est approuvé en 1995 au Conseil Ministériel ESA tenue à Toulouse et un Programme Enveloppe pour l’observation de la Terre (EOEP) va se mettre en place progressivement à partir des années 1998.

    Missions Earth Explorer

    C’est dans ce contexte que les missions Earth Explorer GOCE (Gravity Field and Steady-State Ocean Circulation Explorer) pour l’étude du champ gravitationnel terrestre en fonction entre 2009 et 2013, SMOS (Soil moisture at the surface, Sea Surface salinity) de 2009 à nos jours pour la mesure de l’humidité des sols et de la salinité de surface des océans, et CryoSat-2 lancé en avril 2010 et toujours opérationnel pour la mesure des variations de l'épaisseur de la calotte glaciaire terrestre et marine, vont être développées et lancées.

    Quelques résultats importants pour l’océanographie sont présentés pour GOCE, SMOS et Cryosat-2.

    A noter qu’à ce jour en 2025, 8 autres missions Earth Explorer ont été lancées (SWARM en 2013, Aeolus en 2018, Earthcare en 2024, Biomass en 2025) ou sont en cours de développement (lancements de Forum en 2027, Flex en 2026, Harmony en 2029 et Wivern en 2030-2031) avec des objectifs scientifiques autres que l’océanographie.
    Missions Earth Watch

    A partir de 2000 a émergé le programme Earth Watch « Copernicus » (ex-GMES), une coopération entre l’UE, l’ESA et Eumetsat. Ce programme est conçu pour fournir des services opérationnels dans 6 domaines thématiques prioritaires visant entre autres au suivi de l’Environnement et au renforcement de la Sécurité des Etats européens sur la base d'observations satellitaires et in situ. Six séries de missions dites « Sentinel » spécialisées en sont un outil essentiel et sont complétées par des missions contributrices (satellites publics et satellites commerciaux existants). A ce jour plus de 80 satellites coordonnés par l’ESA contribuent à Copernicus.

    D’intérêt particulièrement important pour l’océanographie sont le service Copernicus Environnement marin (CMEMS) piloté par Mercator Ocean International et le service Copernicus Changement Climatique (C3S) piloté par ECMWF.

    Les missions Sentinel de haute importance pour l’océanographie sont les Sentinel 1 (imagerie radar avec RSO de conception avancée, mode « spectre des vagues »), Sentinel 3 ( SLSTR - Sea and Land Surface Temperature Radiometer-, OLCI - Ocean and Land Color Instrument - une version améliorée du spectromètre MERIS de Envisat et SRAL - SAR Radar Altimeter- SRAL en bande C et Ku-band, complété par MWR - Radiomètre micro-onde en bande K et Ka) et Sentinel 6- Michael Freilich (avec l’altimètre radar Poséidon-4 à ouverture synthétique, double fréquence en bande Ku et C, complété par un radiomètre micro-onde AMR-C).

    L’exposé détaille ensuite plus particulièrement CMEMS, le service fourni par Mercator Ocean International et son consortium avec quelques exemples de produits. A noter la planche qui montre la signature récente de l’accord de coopération entre l’ESA et Mercator Ocean International, avec Costas Kadis, Commissaire à la pêche et aux océans, Josef Aschbacher, DG ESA et Pierre Bahurel, DG de Mercator Océan International.

    Situation post 2030

    La continuité des données étant essentielle pour la fourniture de services opérationnels, la nouvelle génération des missions Sentinel (Sentinel NG) est en cours de définition complétée par des « missions Expansion » dont 3 sont d’importance pour l’océanographie (CIMR, CRISTAL et ROSE-L) avec des lancements prévus vers 2028-2030.

    L’attention est attirée sur la situation préoccupante des observations in situ, coordonnées par l’AEE, mais sans financement communautaire (UE) et dont la pérennité est laissée à la seule responsabilité des Etats membres de l’UE et à la coopération internationale (par ex bouées ARGO).

    L’exposé enfin donne des informations chiffrées sur les budgets ESA dédiés à l’observation de la Terre des années 2024 (2.372 M€) et 2025 (2.582 M€) représentant respectivement 30,5% et 33,6% du budget total ESA. Ces budgets sont les plus importants des budgets alloués par domaine thématique (lanceurs, science, navigation, vols habités...).

    La conclusion rappelle le rôle majeur et le leadership de l’Europe (ESA, Eumetsat, CNES...) en océanographie spatiale tant sur le plan scientifique (Prix Nobel en Europe), que sur le plan industriel et technologique qui ont conduit au programme Copernicus, fournisseur de services opérationnels aux utilisateurs sur une base gratuite et ouverte.

    Remarque : Une douzaine de planches ont été ajoutées à la présentation mais non présentées durant l’exposé. Ces planches présentent les résultats de projets ESA intitulés « Ocean Highlights ». Les auteurs et sites sont indiqués sur ces planches pour des informations complémentaires si nécessaires.

    Rappel

    Annonce de la Publication de l'Institut Français d’Histoire de l’Espace et présentation officielle le 12 avril 2025

    UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’ATMOSPHÈRE, DE L’OCÉAN ET DU CLIMAT DEPUIS L’ESPACE  racontée par ses acteurs français, européens et leurs partenaires  »

    Sous la Direction de Jean-Louis Fellous, Jean-Claude André, Marie-Lise Chanin, Guy Duchossois, Jean-François Minster, Alain Ratier et Philippe Waldteufel - Préface Du Professeur Pierre Morel

     

    212 Histoire des sciences de l atmosphere de l ocean et du climat depuis l espace

     

     

  • Sous l’égide de Copernicus : une task force mise sur pied pour les régions polaires

    La Commission européenne a décidé de créer une “Polar Task Force » en 2023 avec pour mission d’élaborer une feuille de route stratégique couvrant la période 2025–2035et destinée à orienter l’évolution des services Copernicus dans les régions polaires.

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