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changement global

  • Selon le site web de l'institut allemand MCC, la durée correspondant à l' épuisement du budget carbone

  • Jacques Merle nous a quittés.
    Un simple coup de téléphone, et une partie de moi s’effondre : Jacques Merle, un ami de 60 ans disparaît. Certes il n’avait pas le choix et il savait que l’échéance était proche. Moi aussi, mais on a beau le savoir on n'y croit pas. Il laisse pour moi un grand vide.

  • Aurions nous hérité de l’évolution une angoisse de manquer d’oxygène ?

  • Les défis techniques et sociétaux

    Raymond Zaharia, Jacques Ruer, Yves Dandonneau

    La concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère s’est accrue au cours des dernières décennies au rythme d’environ 2,5 parties par million (ppm) par an et s’élevait en août 2024 à 424 ppm. Cette hausse est due aux émissions qui résultent des activités humaines et à leurs conséquences sur l’environnement, et entraîne un réchauffement du climat. Réduire ce réchauffement implique non seulement de ralentir, puis d’arrêter nos émissions dès que nous en serons capables, mais aussi, par divers moyens, de retirer de l’atmosphère le gaz carbonique en excès que nous y avons accumulé.
    Ce retrait s’effectue naturellement grâce aux puits de carbone que sont l’océan, et la végétation terrestre, mais sa vitesse est très insuffisante pour éviter une hausse de la température qui mettrait la vie et les activités humaines en difficulté dans de vastes régions. Déjà planter des forêts, ou enrichir les sols cultivés en matière organique (ou plutôt : les ré-enrichir, car l’agriculture moderne les a considérablement appauvris) est un moyen, préconisé et encouragé, de renforcer le puits de carbone dans la végétation terrestre.
    Toutefois, la capacité d’absorption des océans, et de la biomasse des terres émergées ne permettra pas à elle seule de limiter le réchauffement du climat à +2°C, encore moins à +1,5°C.
    En effet, lorsque la concentration en CO2 de l’atmosphère cessera d’augmenter, les premiers ne pourront plus absorber une part significative de ce gaz. Pour ce qui concerne le réservoir de carbone organique des écosystèmes terrestre, il est soumis à une dégradation par des processus microbiens, de telle sorte qu’on peut seulement envisager de porter et maintenir sa biomasse à un niveau aussi élevé que possible : il ne se forme plus actuellement de gisements de charbon ou de pétrole tels que ceux qui se sont constitués à l’ère primaire. Une forêt en phase croissance accumule du carbone, mais un fois atteint son stade de maturité elle rejette autant de CO2 par la respiration et la dégradation de sa matière organique qu’elle n’en absorbe par photosynthèse.
    Le sixième rapport du GIEC, ainsi que les rapports du Haut Conseil pour le Climat [1] ou de L’Agence Internationale pour l’Energie [2] consacrés à la capture et au stockage du gaz carbonique de l’atmosphère dressent un panorama des diverses solutions existantes. Celles-ci sont nombreuses, variées, souvent insuffisamment explorées et mal connues, et les sigles par lesquelles elles sont désignées forment une jungle. Citons le DACS (direct air capture and storage, qui consiste à absorber le gaz carbonique de l’atmosphère et à le stocker), le BECCS (bioenergy with carbon capture and storage, qui utilise de l’énergie renouvelable pour cette capture), le CDR (carbon dioxide removal), LULUCF (land use, land use change and forestry, qui vise à accroître le puits de carbone dans l’écosystème terrestre).

    Le stockage à long terme du gaz carbonique dans des couches géologiques.

    L’un des moyens envisagés consiste à stocker le gaz carbonique capturé dans l’atmosphère dans des couches géologiques où il restera piégé pendant de très longues périodes. L’idée vient naturellement à l’esprit si on considère que les gisements de pétrole ou de gaz naturel y sont restés piégés pendant des millions d’années, et que les gisements épuisés, qui sont justement à l’origine des émissions anthropiques, offrent une très large capacité de stockage. Quelques sociétés industrielles ont déjà mis en œuvre ce stockage, mais à une échelle peu significative, très loin de la valeur approximative d’une gigatonne de CO2 par an qu’on espère atteindre en 2050 (soit 0,27 gigatonnes de carbone par an, alors que nos émissions actuelles sont d’environ 10 gigatonnes par an).
    Les difficultés sont nombreuses et bien réelles. Extraire le gaz carbonique de l’atmosphère où il est en concentration très faible, (et pourtant excessive pour un climat qui nous convienne), a un coût élevé. Extraire ce gaz carbonique dès son émission dans les sites industriels diminue évidemment ce coût, mais il ne devrait logiquement plus exister beaucoup de sites industriels émettant beaucoup de gaz carbonique en 2050, date à partir de laquelle les scénarios que nous devrions respecter prévoient des émissions nettes nulles (net zéro émissions). Si les sites d’enfouissement, qui sont entre autres d’anciens gisements d’hydrocarbures, sont éloignés des sites d’émissions, le transport du gaz carbonique capturé constitue un coût supplémentaire. Captage, transport et enfouissement du gaz carbonique pourrait coûter entre 60 et 150 € par tCO2, et davantage si les conditions ne sont pas optimales [2]. Il ne faudra évidemment pas recourir pour cela à de l’énergie fossile, ce qui annulerait en grande partie le retrait du CO2 de l’atmosphère, mais à des énergies renouvelables. Le coût des opérations nécessaires pour diminuer de quelques parties par million la concentration en gaz carbonique de l’atmosphère atteindra plusieurs milliers de milliards d’Euros (1 ppm, c'est 8 milliards de tCO2). Il faut y penser maintenant, alors que nos émissions augmentent chaque année cette concentration de plus de 2 parties par million.

    Quels acteurs pour la capture et le stockage du gaz carbonique ?

    Disposant déjà d’infrastructures et des connaissances de terrain, les compagnies pétrolières sont incontournables. Il n’est pas surprenant, alors que les émissions de gaz carbonique qui ont conduit au réchauffement climatique sont passées entre leurs mains, qu’elles soient les mieux placées pour mettre en œuvre le retour du carbone dans les couches géologiques d’où elles l’ont extrait. Ce qui peut heurter d’un point de vue éthique, c’est qu’après s’être beaucoup enrichies en fournissant les hydrocarbures dont nous avons eu besoin, et avons encore besoin, elles s’emparent du marché de la capture et du stockage du CO2 issu de ces hydrocarbures ! Il n’en reste pas moins que ces sociétés possèdent à l'évidence la technologie et la puissance industrielle pour s’attaquer au problème.

    La nécessité pour respecter les accords de Paris de limiter le réchauffement de la température moyenne globale à +2°C, voire +1,5°C rend indispensable de retirer de l’atmosphère une partie du gaz carbonique en excès. Mais ce ne sera pas une tâche facile, et mieux vaut qu’il y en ait le moins possible à retirer. Au contraire, une logique strictement financière tend à prolonger l’exploitation des hydrocarbures fossiles, génératrice de profits, en faisant croire qu’on saura réduire facilement la concentration en gaz carbonique de l’atmosphère plus tard. Il nous a été donné d’assister à des présentations données par des représentants de l’industrie pétrolière qui mettaient en avant leur compétence et leur disponibilité pour ces opérations de capture et de stockage dans les puits de pétrole épuisés. Les capacités de capture de CO2 en 2050 étaient estimées à 5 gigatonnes par an, alors que les chiffres avancés par des organismes officiels [2] se montent plutôt à 1 ou 1,5 gigatonnes.
    Le passé devrait nous inciter à la méfiance : certaines compagnies pétrolières ont financé des études qui montraient que l’accroissement de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère ne risquait pas de modifier le climat, alors qu’elles en savaient fort bien les conséquences. Les essais en Europe d’établir un marché des «crédits carbone» a débouché sur des escroqueries financières d’envergure. Et la compensation des émissions de gaz carbonique par la plantation de forêts s’avère bien souvent gérée au moindre coût et inefficace.
    Pour ce qui est de la capture et du stockage à long terme du gaz carbonique, l’horizon 2050 peut paraître lointain. Ce n’est pas une raison pour ne pas le préparer soigneusement.
    Si l’on peut douter, à ce stade, des annonces concernant une diminution significative de la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère, (en raison d’un coût prohibitif [3] pour chaque ppm en moins), il existe des situations où la capture et l’utilisation du CO2 présentent un intérêt. Quelques projets ont déjà été lancés [2]. Une étape intéressante consiste à réutiliser le CO2 pour synthétiser des carburants artificiels dans le but de remplacer des combustibles fossiles. (cf. ce document interne du Club des Argonautes, rédigé il y  a ~10 ans : http://clubdesargonautes.com/Synthese_DE_CARBURANTS_AIR_rev3.pdf ) En effet, si on considère l’aviation, le pétrole possède des qualités difficiles à obtenir avec des solutions alternatives comme l’hydrogène ou les avions électriques.

    On parle de e-fuels obtenus en faisant réagir le CO2 avec de l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau. Bien entendu, lorsqu’un avion consomme de l’e-fuel il rejette du CO2, mais si celui-ci est capturé à nouveau, il n’y a pas de soustraction de CO2 de l’atmosphère, mais un bilan nul, ce qui est un pas dans la bonne direction.
    Si une politique volontariste conduit à produire ces carburants de synthèse, la taille de l’industrie qu’il faudra développer pour le seul usage de l’aviation sera telle que les effets d’échelle permettront de réduire les coûts de façon significative.
    Ceci pourrait ouvrir la voie aux projets de capture et stockage géologique.

    _
    [1] Avis sur la stratégie de capture du carbone, son utilisation et son stockage (CCUS), Haut Conseil pour le Climat, novembre 2023, https://www.hautconseilclimat.fr/publications/avis-sur-la-strategie-de-capture-du-carbone-son-utilisation-et-son-stockage-ccus/

    [2] Direct Air Capture, A key technology for net zero, IEA, avril 2022, https://iea.blob.core.windows.net/assets/78633715-15c0-44e1-81df-41123c556d57/DirectAirCapture_Akeytechnologyfornetzero.pdf

    [3] voir: https://x.com/hausfath/status/1844790308459958705

  •  avec des compléments d’Yves Dandonneau, Yves Fouquart et Jean Pailleux

     Le site infoclimat, créé en 2001 par des passionnés bénévoles, est devenu un outil très complet d’information et de prévision météorologique venant en complément précieux des sites professionnels, et en premier lieu de celui de Méteo-France.

  • Le Club des Argonautes a refait son site web
    La structure du site internet des Argonautes, mise en place peu après la création du Club, puis modifiée en fonction des outils et des préoccupations, ne correspondait plus à nos besoins de publication, représentés surtout par des articles qui commentent l’actualité scientifique et s’accommodent mieux d’une présentation chronologique sous la forme d’un blog.

     

  • Bilan climatique 2024

    Après une valeur record de la température moyenne globale en 2023, prévisible en raison de l’occurrence d’un épisode El Niño, on attendait un repli en 2024. Il n’en a rien été, au contraire, 2024 a été encore plus chaud que 2023 bien que les conditions El Niño soient passées.

  •  L’accélération du réchauffement dans la dernière décennie résulte-t-elle d’un nouveau forçage, temporaire ou non, ou d’une rétroaction ignorée ou sous-estimée ? Ou bien ne s’agit-il que d’une manifestation très marquée de la variabilité naturelle du climat ?

  • avec des suggestions de Katia Laval et de Bernard Pouyaud, ainsi qu’une relecture par Yves Dandonneau.

    Ce concept, né au début des années 2000 aux États-Unis sous l’expression critical zone, désigne la couche continentale, imparfaitement définie,où se concentrent les échanges physiques, chimiques, énergétiques et biologiques à l’interface de l’atmosphère, de l’hydrosphère, de la biosphère et de la géosphère. Cette zone englobe la surface et ses aménagements, la végétation naturelle ou cultivée, les différents horizons du sol, ainsi que les roches et ses minéraux en interaction, avec la microfaune et l’eau.

  • ​Quoi de nouveau au Club des Argonautes ?
    Un nouveau membre nous a rejoints : Guy Duchossois, qui a accompagné le développement de l'océanographie spatiale

  • Jérôme Gaillardet est géochimiste à l’Institut de Physique du Globe de Paris. Il coordonne l’infrastructure nationale OZCAR (Observatoires de la Zone Critique : Applications et Recherche). Cette recension complète l’introduction au concept de Zone Critique proposée sur le site des argonautes.
  • Depuis 2015, à l’initiative de scientifiques du climat, l’association Météo et Climat, Société météorologique de France, a développé plusieurs expositions itinérantes pour sensibiliser au changement climatique. Les deux premières expositions circulaient à bord d’un train . Depuis 2023 une nouvelle exposition dénommée « La tournée du Climat et de la Biodiversité » circule de ville en ville et accueille gratuitement scolaires et particuliers. La liste des étapes est consultable sur le site de la Météo et Climat à https://meteoetclimat.fr/ .

  • Résumé. Le terme couramment employé de « Décarbonation » prête à confusion.

  • Exposé de Guy Duchossois - session 217 du 2 octobre 2025

     

    Support de présentation (pdf)

     

    Introduction

    La présentation intitulée “ Copernicus : les services opérationnels pour les régions polaires” », faite au Club des Argonautes en octobre 2025, décrit de manière générale la structure, les objectifs et le fonctionnement du programme européen Copernicus. Il met particulièrement l’accent sur la “dimension polaire” du programme, c’est-à-dire les services, produits et observations destinés à la compréhension et à la surveillance des zones arctique et antarctique.

    Copernicus constitue aujourd’hui l’un des piliers de la politique spatiale de l’Union européenne, et plus largement un instrument stratégique au service des politiques environnementales et climatiques de l’Union européenne.

    Rappel sur l’origine et le développement de Copernicus

    Le programme Copernicus trouve son origine à la fin des années 1990 dans le cadre d’une coopération entre l’Union européenne, l’Agence spatiale européenne (ESA), EUMETSAT et des agences spatiales nationales européennes (CNES, DLR, ASI, BNSC). En mai 1998, la signature du « Manifeste de Baveno » marque la naissance de GMES (Global Monitoring for Environment and Security), futur Copernicus. Ce manifeste exprime la volonté de doter l’Europe d’une capacité autonome de fournitures de services opérationnels fondés sur l’exploitation combinée de données de satellites d’observation de la Terre et de systèmes d’observation in situ.

    La présentation rappelle que Copernicus a été conçu pour répondre aux besoins d’utilisateurs opérationnels, notamment les autorités publiques mais également aux décideurs politiques et à la communauté scientifique.

    Le programme repose sur une architecture institutionnelle solide : la Commission européenne en assure la coordination et le financement, tandis que les agences partenaires (ESA, EUMETSAT, ECMWF, EEA, JRC, SatCen, EMSA, Frontex, Mercator Océan, etc.) en assurent la mise en œuvre opérationnelle et la mise à disposition des produits aux utilisateurs.

    Le budget cumulé entre 1998 et 2020 est estimé à 6,7 milliards d’euros, dont environ 4,3 milliards dépensés entre 2014 et 2020. La répartition des financements de ce budget illustre la forte implication de l’Union européenne : environ 67 % des coûts sont assumés par l’UE et 33 % par l’ESA. Le budget estimé par la Commission entre 2021 et 2027 est de 5.8 milliards €. Le budget total investi représente donc un effort majeur de l’Europe qui lui confère une position de « leadership » dans le domaine des réalisations spatiales civiles.

    Architecture et Services Copernicus

    Le système Copernicus s’appuie sur une constellation de satellites appelés “Sentinel “, développés par l’ESA. Ces satellites sont complétés par des observations issues de satellites nationaux, européens (par example d’Eumetsat) ou internationaux.

    L’ESA et EUMETSAT assurent la coordination du segment spatial, en garantissant la qualité et la continuité des données satellitaires. L’Agence européenne de l’environnement (AEE) coordonne les moyens d ‘observation in situ.

    L’ensemble de ces données alimente six services thématiques opérationnels, chacun dédié à un champ d’application particulier décrit brièvement ci-dessous.
    Le Service Atmosphère surveille la composition de l’air, l’ozone, les aérosols et les émissions de gaz à effet de serre. Le Service Marin fournit des informations sur la température, la salinité, les courants, les vagues, ainsi que sur la couverture et la dérive des glaces de mer. Le Service Terrestre se concentre sur la végétation, les forêts, les zones urbaines, l’humidité des sols et les ressources en eau. Le Service Changement Climatique compile des indicateurs globaux pour l’étude du réchauffement planétaire et des variations à long terme. Le Service Sécurité concerne la surveillance maritime, la gestion des frontières, la lutte contre la pollution et les catastrophes. Enfin, le Service Urgences fournit une cartographie rapide en cas d’inondation, de séisme ou d’incendie.
    Chaque service repose sur une chaîne de valeur complète : acquisition des données, traitement, validation et diffusion. Les produits Copernicus sont gratuits et librement accessibles, ce qui favorise la transparence, la recherche et l’innovation.

    Les services Copernicus pour les régions polaires

    La présentation met un accent particulier sur la contribution de Copernicus à la surveillance des régions polaires, zones essentielles pour la compréhension du changement climatique. Ces régions jouent un rôle central dans la régulation du climat terrestre, notamment à travers la formation de la banquise, la circulation océanique et les échanges atmosphériques.

    Les satellites Sentinel, associés aux modèles océaniques développés par Mercator Océan et à ceux de l’ECMWF, permettent de suivre la dérive des glaces, la température de surface, la salinité et le niveau des océans. Ces données sont intégrées dans des systèmes d’alerte et de prévision utiles à la navigation, à la recherche scientifique et à la gestion environnementale. Le Service Marin et le Service Climatique de Copernicus fournissent des produits dédiés aux utilisateurs opérant dans ces zones : cartes de concentration de glace, prévisions de dérive, anomalies thermiques, et analyses saisonnières.
    L’objectif affiché du programme pour les régions polaires est double : d’une part, contribuer à une meilleure connaissance des mécanismes climatiques globaux, et d’autre part, appuyer les politiques publiques liées à la sécurité maritime, à la préservation des écosystèmes et à la recherche scientifique.

    Mise en place et Mandats des Polar Expert Group I, II et III (2017–2020)

    La création des Polar Expert Groups (PEGs) s’inscrit dans la volonté de la Commission européenne d’améliorer la qualité et la cohérence des services Copernicus pour les régions polaires. Ces groupes PEG I, II et III ont été mis en place progressivement à partir de 2017, avec le soutien de l’Agence spatiale européenne (ESA) et d’EUMETSAT. Leur composition réunissait des représentants d’agences européennes, d’organismes de recherche, de services météorologiques, ainsi que des utilisateurs institutionnels et scientifiques. A noter que le Canada participant à Copernicus était aussi représenté.

    Chaque PEG disposait d’un mandat clair, défini par la Commission. Les PEGs devaient :

    • Mettre à jour les besoins spécifiques des utilisateurs opérant dans les zones polaires
    • Évaluer la performance, la qualité et la couverture des services existants
    • Identifier les lacunes techniques et organisationnelles
    • Formuler des propositions concrètes pour améliorer les produits et identifier de nouveaux produits répondant aux évolutions des besoins utilisateurs
    • Identifier des compléments d’instruments spécifiques à embarquer sur des satellites
    • Définir un concept de “système de surveillance polaire de bout en bout”, allant des observations à la livraison des produits aux entités utilisatrices

    Les réunions ont donné lieu à une série de rapports thématiques et à des échanges constants entre les partenaires européens concernés. Les conclusions de ces travaux constituent la première évaluation collective et structurée des services Copernicus dans le domaine polaire.
    Résultats et constats des PEGs

    Les Polar Expert Groups ont permis de dresser un tableau objectif de la situation. Les services Copernicus existants, bien que performants sur le plan global, présentent des limites importantes lorsqu’ils sont appliqués aux environnements polaires.

    Les recommandations de PEG I et PEG II concernent essentiellement:

    • L’amélioration de la couverture géographique incomplète des regions polaires ainsi que celle des résolutions spatiale et temporelle des observations. Un ordre de priorité des observations a été établi avec les différents paramètres des glaces de mer en première priorité.
    • Les hautes latitudes restent des zones complexes à surveiller en raison des conditions météorologiques et de la rareté des observations in situ. Les services atmosphériques et marins existants ne permettent pas toujours de restituer une vue complète et fiable des processus polaires. Le développement d’instruments micro-ondes fournissant des données tous-temps et de jour comme de nuit est nécessaire avec en priorité le development et lancement des missions Copernicus Expansion (CIMR, CRISTA et ROSE-L) complétant les observations Sentinels
    • La fragmentation institutionnelle observée entre les différents services Copernicus (Marine, Atmosphère, Climat, Urgences, Sécurité) qui fonctionnent encore trop souvent en mode “vertical”, avec des bases de données et des priorités distinctes. Cette séparation limite la capacité à produire des analyses intégrées, pourtant essentielles dans les zones où les interactions entre océan, atmosphère et glace sont permanentes.
    • Une insuffisance de consultation avec les utilisateurs finaux. Les besoins des acteurs opérant réellement dans les régions polaires ne sont pas toujours suffisamment bien pris en compte dans la conception des produits. Il en résulte une certaine inadéquation entre l’offre de services et la demande opérationnelle.

    PEG III s’est particulièrement attaché à:-

    • Analyser, en collaboration avec l'ESA et EUMETSAT, les avantages et synergies des observations inter-capteurs entre les Sentinelles existantes (principalement les séries S-1 et S-3), les missions tierces contributrices concernées (par exemple, la mission canadienne de la Constellation Radarsat) et les trois missions Expansion micro-ondes (CIMR, CRISTAL et ROSE-L), qui ont fait l’objet de nombreuses simulations.
    • Revoir la situation critique des observations in situ (en particulier pour l’Arctique central) et encourager la cooperation internationale.
    • Définir un Système intégré de surveillance polaire de » bout en bout » y compris les aspects segment-sol et la nécessité d’améliorer les Télécommunications dans les régions polaires pour répondre aux exigences de rapidité de livraison des produits aux utilisateurs

    Création de la Polar Task Force (PTF)

    À la suite des conclusions des PEGs, la Commission européenne a décidé de créé une “Polar Task Force » en 2023 avec pour mission d’élaborer une feuille de route stratégique couvrant la période 2025–2035 et destinée à orienter l’évolution des services Copernicus dans les régions polaires.
    La Polar Task Force regroupe les principaux acteurs institutionnels du programme : la Commission européenne (DG DEFIS), l’ESA, EUMETSAT, ECMWF, Mercator Océan, ainsi que des représentants des États membres et des utilisateurs experts issus des PEGs. Sa mission consiste à transformer les constats établis par les PEG en un plan d’action concret, assorti d’un calendrier et d’objectifs mesurables.
    Il s’agit aussi de prendre en compte les résultats de l'enquête circulée à l'automne 2023 (17 Pays en Europe et Canada) auprès d’utilisateurs (agences gouvernementales opérationnelles, secteur académique et de recherche), du rapport PEG III, de réunions bilatérales, de conférences, de la documentation des services Copernicus et aussi des recommandations du projet KEPLER (Key Environmental monitoring for Polar Latitudes and European Readiness).

    Cette démarche de planification marque une évolution majeure : Copernicus ne se contente plus de fournir des données, il se dote désormais d’une vision stratégique à long terme adaptée aux réalités climatiques et géopolitiques des régions polaires.

    Feuille de route 2025–2035 pour les services polaires

    La feuille de route élaborée par la Polar Task Force fixe les grandes orientations pour la prochaine décennie. Elle s’articule autour de trois objectifs principaux : consolidation, innovation et intégration.

    La consolidation vise à renforcer la continuité des observations dans les régions polaires qui implique entre autres:

    • Le maintien et l’évolution de la constellation Sentinel, avec une attention particulière portée à la couverture des hautes latitudes et à la qualité des mesures optiques et radar.
    • La continuation des recherches scientifiques sur les processus et algorithmes physiques et biogéochimiques polaires, des techniques avancées d'assimilation de données et des modèles de prévision, la fusion des données multi-capteurs
    • La création de Hubs thématiques Copernicus pour faciliter l'accès des utilisateurs en particulier le Hub Arctique, dont il est recommandé de faire un Hub polaire.

    L’innovation se traduit par le développement de nouveaux services dérivés : cartographie dynamique de la banquise, suivi des écosystèmes polaires, observation de la cryosphère et modélisation du bilan énergétique global. Ces nouveaux produits doivent répondre aux besoins des politiques environnementales, mais aussi à ceux de la recherche et des acteurs économiques opérant dans ces zones. Le développement des initiatives de « science citoyenne » pour impliquer les populations locales dans les activités de surveillance polaire et les processus décisionnels (exemple du Canada) est aussi un élément important de la feuille de route.

    Enfin, l’intégration concerne la coordination des services Copernicus entre eux. La feuille de route recommande une gouvernance transversale dédiée aux régions polaires, afin d’éviter les redondances et de favoriser les synergies entre les services Marine, Atmosphère et Climat. Cette intégration est également pensée à l’échelle internationale : Copernicus est appelé à renforcer sa coopération avec les programmes d’observation américains et canadiens en particulier.

    Cas particulier de l’Antarctique

    La présentation adresse briévement le cas de l’Antarctique, dont la surveillance pose des défis spécifiques. Contrairement à l’Arctique, l’Antarctique est dépourvu de population permanente et est régi par le Traité sur l’Antarctique, qui limite les activités humaines à la recherche scientifique. Les besoins opérationnels y sont donc différents : il s’agit avant tout d’assurer le suivi environnemental et scientifique à long terme.

    Les PEGs ont mis en évidence que les services Copernicus actuels couvrent encore très insuffisamment le continent antarctique. Les conditions extrêmes et la rareté des stations d’observation in situ rendent la validation des données satellitaires difficile. Les modèles numériques doivent être adaptés à des dynamiques glaciaires particulières.

    La feuille de route 2025–2035 propose :

    • D’assurer la couverture géographique complète de l’Antarctique et de maximiser la fréquence des observations via des capteurs micro-ondes spécifiques avec une capacité d’observations tous temps et de jour comme de nuit
    • L’intégration systématique des données issues des bases scientifiques internationales
    • La création d’un pôle (Hub) de compétences européen dédié à la modélisation de la cryosphère antarctique.

    Conclusion

    Le programme Copernicus, à travers la mise en place des Polar Expert Groups (2017-2020) puis de la Polar Task Force (2023-2024), témoigne de la volonté européenne de structurer une politique cohérente d’observation des régions polaires. Les travaux menés ont permis d’établir un diagnostic précis et d’identifier les domaines prioritaires d’amélioration. La feuille de route 2025–2035 marque une nouvelle étape, celle de la planification stratégique sur le long terme avec la mise en place d’un “système intégré de bout-en bout de surveillance des regions polaires” combinant observations spatiales et in situ.

    Les enjeux sont considérables : mieux comprendre les dynamiques polaires, anticiper les conséquences du changement climatique, et garantir l’accès libre, gratuit et continu à des données fiables.

     

     
  • Exposé de Goneri Le Cozannet, BRGM - session 220 du 8 janvier 2026

    [Pour mieux profiter de la vidéo, il est conseillé de l'afficher en plein écran.]

     

    Support de présentation (pdf)

    L’élévation du niveau de la mer est désormais un processus enclenché et qui se poursuivra pendant des siècles, d’autant plus rapidement que les politiques d’atténuation tarderont à se mettre en place. Les échelles de temps pluri-décennales et pluri-séculaires de ce phénomène, mais aussi de l’aménagement côtier, font qu’il s’agit d’un enjeu d’adaptation qui exige une excellente anticipation de l’augmentation des risques projetés. En réponse à ce besoin, une approche consiste à développer des services climatiques pour l’adaptation au niveau de la mer. CoCliCo est un projet européen qui a développé un démonstrateur d’un tel service. Le projet propose une interface permettant d’examiner les risques actuels et futurs pour un ensemble de scénarios cohérents, ainsi que quelques implications pour l’adaptation. Il propose de traiter les questions d’imbrication d’échelles spatiales en permettant d’interagir avec la plateforme afin de créer des interfaces entre des données ou des modèles locaux et des conditions aux limites ou des jeux de données complémentaires issus de la plate forme. Au-delà du projet, CoCliCo sera hébergé dans le Digital Twin of the Ocean du Copernicus Marine service, mais le développement d’un réel service opérationnel demandera une décision politique. L’intérêt d’un tel service pour l’Europe est de limiter sa vulnérabilité au changement climatique, non seulement en zones côtières mais pour toutes les régions qui dépendent du commerce transitant par les ports Européens.

  • (avec des suggestions de Bernard Pouyaud, d’Yves Dandonneau, de Katia Laval et de Jean Pailleux)

    C’est le géographe anglais John Anthony Allan (1937-2021) qui a introduit le concept d’eau virtuelle (1993 ; 1998). Pour ses travaux, il a reçu le Stockholm Water Prize en 2008, reconnaissance considérée comme la plus importante dans le domaine des sciences de l’eau.

  • ​ Les éléphants de mer observateurs bénévoles et talentueux de l’Océan Antarctique
    Le vaste océan qui tourne autour du Continent Austral est loin de la plupart des pays qui ont une flotte océanographique, et très peu fréquenté par la navigation.

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