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Le cas de la centrale ETM 5MW de Tahiti 

Michel Gauthier

Les technologies nécessaires pour l'exploitation de l'Énergie Thermique des Mers (ETM) sont connues et leur faisabilité a été démontrée, mais les coûts et le potentiel de production durable restent encore spéculatifs par manque de données d’exploitation d’usines pilotes représentatives (puissance de quelques MW sur plusieurs années ?).

Le prix de revient du kWh ETM et le potentiel de production durable dépendront en premier chef des caractéristiques du site choisi pour implanter l’usine. Les températures, la variabilité du gradient thermique et la distance entre la source chaude et la source froide, les effets/contraintes de l’environnement sur les installations et réciproquement les effets/impacts de la construction et du fonctionnement de la centrale sur l’environnement, sont déterminant pour la conception des installations et l’appréciation des coûts, d’investissement et de production. 

L’acquisition des données préalables au choix du site peut–être longue et coûteuse et l’effort à consentir reste à apprécier en fonction des risques identifiés par le maître d’ouvrage et acceptés par le constructeur. 
A titre d’exemple, -pour en apprécier la pertinence-, et de guide à l’intention des promoteurs de projets ETM futurs ou en cours d’élaboration, voici les données de site rassemblées par l’IFREMER pour l’étude du projet de Centrale ETM de 5MW de Tahiti. 

Paramètres caractéristiques du site d’implantation

La solution retenue pour la construction était une usine implantée à terre sur la zone portuaire de la ville de Papeete. 

Le chenal sous-marin réservé à l’installation de la conduite profonde depuis l’usine vers le large est une zone de 750 m de largeur et longue de 3 km. 

Elle a fait l’objet de campagnes de reconnaissance bathymétrique, topographique et aussi de sondages superficiels de caractérisation des sols. 

Les autres campagnes de mesures concernaient les paramètres :

  • températures et densités de l’eau en fonction de la profondeur, et leurs variations saisonnières,

  • vitesses et les directions des courants en fonction de la profondeur, et leurs variations dans le temps, 

  • niveau de la mer et ses variations en fonction du temps,

  • hauteur, périodes et direction de la houle, 

  • variations de la pression atmosphérique 

  • vitesse et les directions du vent au sol, 

  • croissance en poids des «salissures » marines formées/déposées sur différents matériaux , 
    en fonction du temps et de la profondeur d’immersion. 

Les résultats de ces travaux effectués entre 1982 et 1984 servirent à établir le dossier des «Spécifications du Site» nécessaire à la conception de l’ouvrage.
En prévision de l’ étude des impacts sur l’environnement, induits par la construction et le fonctionnement de la future centrale  un «état initial du Site» incluant plusieurs campagnes complémentaires de mesures hydrobiologiques fut établi par l’IFREMER.